Jalibert, un coup d’arrêt au pire moment
Il pensait revenir. Il touchait presque au but. Et puis, à l’entraînement, la cuisse droite a de nouveau lâché. Matthieu Jalibert a rechuté, et le verdict est tombé : six à huit semaines d’absence, pas de retour avant décembre.
Pour l’UBB, c’est la perte de son chef d’orchestre en plein début de saison. Pour le XV de France, c’est un nom de plus sur une liste de forfaits déjà interminable. Et pour le joueur lui-même, c’est un nouvel épisode dans une relation compliquée avec le maillot bleu. Depuis la ligne de touche, difficile de ne pas y voir un vrai coup du sort.
Ce qui s’est passé : de Stade Français à la rechute
Voilà la chronologie. Le 20 septembre, lors de la large victoire de Bordeaux-Bègles face au Stade Français (40-10), Jalibert sort prématurément. Diagnostic : une déchirure au quadriceps droit. Une blessure sérieuse, mais avec un retour envisagé dans des délais raisonnables.
Le problème, c’est qu’en octobre, alors que son retour approchait, il se blesse de nouveau à la même cuisse lors d’une séance avec l’UBB. Selon L’Équipe, il faut désormais compter six à huit semaines. Son retour à la compétition n’est donc pas attendu avant le mois de décembre.
- 20 septembre : déchirure du quadriceps droit contre le Stade Français.
- Octobre : rechute à l’entraînement, alors qu’il préparait son retour.
- Durée estimée : six à huit semaines d’indisponibilité.
- Conséquence : forfait pour les quatre matchs de novembre du XV de France.
Le club, de son côté, a fait passer un message clair : pas question de précipiter le retour. Une deuxième rechute serait catastrophique, et la saison est encore longue.
Qui est Matthieu Jalibert ?
Né le 6 novembre 1998 à Saint-Germain-en-Laye, Jalibert a passé une partie de son enfance en Nouvelle-Calédonie, où son père, militaire, était en poste. Il revient ensuite en Gironde et entre au CA Bordeaux-Bègles en 2007. Il n’a jamais quitté le club depuis.
Dès 16 ans, il aide Bordeaux à atteindre la finale du championnat de France des moins de 18 ans. En 2017, il découvre l’équipe première. Quelques mois plus tard, à seulement 19 ans, il est titularisé avec le XV de France pour l’ouverture du Tournoi 2018 face à l’Irlande. Une première sélection écourtée par une blessure au genou à la 29e minute, comme un mauvais présage.
Les grandes étapes de Matthieu Jalibert
| Année | Étape | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| 2004-2007 | Stade Calédonien | Premiers pas au rugby en Nouvelle-Calédonie |
| 2007 | CA Bordeaux-Bègles | Arrivée dans le club de toute sa carrière |
| 2017 | Équipe première de l’UBB | Débuts chez les professionnels |
| 2018 | XV de France | Première sélection à 19 ans, contre l’Irlande |
| 2021 | XV de France | Premier essai international, face à la Géorgie |
| 2025 | UBB | Premier titre de champion d’Europe |
| 2026 | UBB | Deuxième Champions Cup, 41-19 contre le Leinster à Bilbao |
L’UBB, son club, son royaume
À Bordeaux, Jalibert est bien plus qu’un ouvreur. C’est le joueur qui met le jeu en mouvement, celui qui fait vivre une ligne arrière où évoluent aussi Louis Bielle-Biarrey, Damian Penaud, Yoram Moefana et Maxime Lucu. Plus de 150 matchs avec l’équipe première, plus de 1 300 points : les chiffres parlent pour lui.
Et surtout, il y a les titres. En 2025, l’UBB décroche sa première Champions Cup. En mai 2026, à Bilbao, le club conserve son trophée en écrasant le Leinster 41-19. Cette saison-là, Jalibert figurait parmi les cinq nommés pour le titre de meilleur joueur de la compétition, aux côtés de son coéquipier Bielle-Biarrey, de Finn Russell, d’Alfie Barbeary et de Caelan Doris. L’EPCR avait souligné sa capacité à déstabiliser les défenses et à créer des espaces.
Comment l’UBB fait sans Jalibert
Concrètement, Bordeaux-Bègles a plutôt bien encaissé le choc jusqu’ici. Les Girondins sont deuxièmes du Top 14 avec 23 points après sept journées, et viennent de s’imposer à La Rochelle (19-25). En Champions Cup, ils ont ramené un nul de Gloucester (36-36) pour l’entrée en matière.
Il faut aussi mesurer ce que Jalibert apporte quand il est sur le terrain. Sur le papier, l’UBB a des solutions. Dans les faits, son profil est difficile à remplacer.
- La vitesse de décision : il joue souvent le ballon très tôt, ce qui empêche les défenses de se replacer.
- La menace balle en main : ses accélérations dans l’intervalle obligent les adversaires à fixer un défenseur de plus sur lui.
- Le lien avec les ailiers : Bielle-Biarrey et Penaud profitent directement de ses jeux au pied rasants et de ses passes longues.
- L’expérience des grands matchs : deux Champions Cup remportées avec son club, ça ne s’improvise pas.
Sans lui, Bordeaux-Bègles doit davantage passer par la conquête et par son paquet d’avants. Ça peut fonctionner en Top 14. Face aux meilleurs clubs européens, c’est une autre histoire.
Mais attention à ne pas tirer de conclusions trop rapides. L’automne est la période où les grosses écuries gèrent leurs effectifs. Le vrai test viendra en décembre et en janvier, avec les journées de Champions Cup décisives. Et là, avoir Jalibert ou ne pas l’avoir, ça change tout.
Jalibert et les Bleus : une histoire compliquée
On ne va pas se mentir, la relation entre Matthieu Jalibert et le XV de France n’a jamais été simple. Le talent n’a jamais été en question. La concurrence, en revanche, a toujours été rude, avec Romain Ntamack comme numéro 10 de référence de la génération Galthié.
Avant cette blessure, Jalibert comptait 39 sélections. Pour un joueur de son niveau, apparu chez les Bleus dès 2018, c’est relativement peu. Il y a eu les blessures, la concurrence, et aussi un épisode qui a marqué : à l’automne 2024, il avait refusé de jouer un rôle de doublure derrière Thomas Ramos. Une décision assumée, qui ne l’a pas empêché de revenir au premier plan et d’être titularisé contre l’Angleterre lors du Tournoi 2025, en l’absence de Ntamack.
Qui à l’ouverture en novembre ?
Sans Jalibert ni Ramos, le casse-tête de Galthié se simplifie… et se complique à la fois. Romain Ntamack est de retour, associé à Antoine Dupont, ce qui règle la question du titulaire. Mais derrière, les options sont moins nombreuses.
- Romain Ntamack (Stade Toulousain) : le titulaire désigné, avec Dupont à ses côtés.
- Antoine Hastoy (La Rochelle) : le profil de buteur, qui profite de l’absence de Jalibert pour revenir dans le groupe.
- Kalvin Gourgues (Stade Toulousain) : une option polyvalente dans la ligne arrière.
Pour faire simple, la France a de quoi jouer en novembre. Mais avec Ramos également absent, c’est surtout la question du buteur qui se pose. Jalibert, lui, n’était pas le premier tireur des Bleus, mais sa capacité à accélérer le jeu manquera, notamment face à des défenses très organisées comme celle des Springboks le 13 novembre.
Notre avis depuis la ligne de touche
Franchement, cette rechute est un vrai coup dur. Pas tellement pour novembre, où la France dispose d’une charnière titulaire solide. Mais pour la suite. À moins d’un an de la Coupe du monde en Australie, chaque match compte pour construire une hiérarchie. Et Jalibert, qui avait déjà dû se battre pour sa place, perd des semaines précieuses.
Le paradoxe, c’est qu’en club, il n’a plus rien à prouver. Deux Champions Cup, un statut de leader, une nomination pour le titre de meilleur joueur européen. Avec les Bleus, en revanche, il reste ce joueur immensément doué que l’on n’a jamais vraiment vu installé sur la durée. Ce qui pose une question simple : est-ce le timing, la concurrence ou le système de jeu qui l’empêche de franchir ce cap ?
La bonne nouvelle, c’est qu’il est encore jeune. Il aura 28 ans le 6 novembre. Pour un ouvreur, c’est souvent l’âge de la pleine maturité. S’il revient en forme en décembre, le Tournoi 2027 pourrait encore lui offrir une vraie fenêtre.
Questions fréquentes sur Matthieu Jalibert
De quoi souffre Matthieu Jalibert ?
D’une rechute de sa blessure au quadriceps droit, survenue à l’entraînement en octobre, après une première déchirure le 20 septembre contre le Stade Français.
Quand Jalibert fera-t-il son retour ?
Selon L’Équipe, il faut compter six à huit semaines d’absence. Son retour n’est pas attendu avant décembre.
Jouera-t-il avec le XV de France en novembre ?
Non. Il est forfait pour les matchs contre les Fidji, l’Afrique du Sud, l’Argentine et le week-end des finales à Londres.
Combien de sélections compte Jalibert ?
39 sélections avec le XV de France, depuis sa première titularisation contre l’Irlande en 2018.
Dans quel club joue Matthieu Jalibert ?
À l’Union Bordeaux-Bègles, où il est arrivé en 2007 et avec qui il a remporté la Champions Cup en 2025 et 2026.
Quel âge a Matthieu Jalibert ?
Il est né le 6 novembre 1998 à Saint-Germain-en-Laye. Il fêtera ses 28 ans le 6 novembre 2026.
Qui remplace Jalibert à l’ouverture chez les Bleus ?
Romain Ntamack est le titulaire attendu, avec Antoine Hastoy comme autre ouvreur de métier dans la liste des 42.
Rendez-vous en décembre pour son retour sur les terrains. D’ici là, l’UBB devra faire sans son maître à jouer. Et vous, pensez-vous que Matthieu Jalibert a encore sa place dans le XV de départ des Bleus pour le Mondial 2027 ?




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